Nguyễn Phan Quế Mai : Pour que chantent les Montagnes

4ème de couverture :
Viêt Nam, 1972. Depuis leur refuge dans les montagnes, la petite Huong et sa grand-mère regardent Ha Noi brûler sous le feu des bombardiers américains. La guerre vient de faire une entrée brutale dans leur vie.
Pourtant, malgré la destruction, le quotidien reprend son cours. Des colonnes de fumée s’élèvent des abris de fortune, les éclats de rire des enfants résonnent et les vétérans reviennent du front. Mais, derrière la joie des retrouvailles, Huong entrevoit déjà les sombres souvenirs qui pourraient déchirer sa famille comme les souffrances déchirent sa patrie depuis des décennies…

C’est une terrible mais très émouvante fresque familiale que nous fait vivre Nguyễn Phan Quế Mai. A travers le récit de la grand-mère Diệu Lan à sa petite fille Hương nous traversons un siècle d’histoire douloureuse du Vietnam oscillant des années 1930 à 1970 au rythme des chapitres. C’est un témoignage poignant des souffrances des populations emportées dans des combats les dépassant. Nguyễn Phan Quế Mai nous le narre sans pathos, sans description d’horreurs seuls les faits sont évoqués mettant en lumière le courage et la résilience des personnages qui, malgré les tragédies traversées, avancent coûte que coûte. Le récit reste plein d’espoir illuminé par le personnage de la grand-mère, une femme d’une force capable de vaincre les montagnes et celui très attachant de sa petite fille Huong. C’est un livre plein d’humanité que je recommande vivement.

Quelques beaux passages :
– «  »Souviens-toi, ma chérie. Les épreuves auxquelles le peuple vietnamien a fait face sont aussi hautes que les plus hautes des montagnes. À se tenir trop près, on ne peut distinguer leur sommet. Mais lorsqu’on s’éloigne des tourments de la vie, on en voit le tout… » »
–  » Cette nuit-là, et pendant bien des nuits encore, grand-mère m’a ouvert les portes de son enfance pour sécher mes larmes. Ses histoires m’aidaient à m’évader, m’emmenaient sur les sommets des collines de Nghê An, où je remplissais mes poumons du parfum des rizières, plongeais les yeux dans le Lam, me muais en un point vert sur les montagnes de Truong son. Grâce à ses histoires, je goûtais sur ma langue la saveur sucrée des baies de sim, je sentais les grenouilles me sauter dans les mains et dormais dans un hamac, sous un ciel criblé d’étoiles scintillantes. […/…] la guerre se poursuivait, et ses histoires nous gardaient en vie, moi et mon espoir.  »
–  » Fascinée par la scène, je suis restée stupéfaite en voyant ses sanglots arriver si brusquement. Ses mains se sont agrippées à ses épaules. Elle s’est effondrée par terre, recroquevillée sur elle-même, tremblant de tout son corps.
Mes ongles se sont enfoncés dans mes paumes. Je me fichais des enjeux de la guerre. Je voulais juste que l’on me rende ma mère, que l’on me rende mon père, mes oncles, que ma famille redevienne comme avant, entière.  »
– « Un jour, sur la route d’un village, je me suis effondrée, en pleurs. Autour de moi, les plants d’une rizière se sont mis à agiter leurs minuscules bras verts. La berceuse la plus apaisante qui soit est parvenue jusqu’à mes oreilles. Je me suis rendu compte que, même quand les humains nous désespèrent, la nature peut encore quelque chose pour nous. »

Mes livres « coup de cœur »

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