Valérie Perrin : Changer l’eau des fleurs

4ème de couverture :
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels évènements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?

Valérie Perrin nous offre là un roman  succulent, une véritable ode au merveilleux des choses simples. Elle est une formidable raconteuse d’émotions ! Ce fut un véritable « coup de cœur ». Violette, abîmée par la vie, mais femme très courageuse, tournée vers la vie envers et contre tout, fait avec les surprises de la vie, bonnes ou mauvaises, est lucide, touche le fond, rebondit, trace son chemin quoi qu’il arrive, fait face avec ses failles et ses forces sans oublier la bienveillance… une très belle leçon de vie !

Quelques beaux passages :
– « La mort commence lorsque personne ne peut plus rêver de vous. »
– « J’avais enfilé un manteau bleu marine sur une robe carmin. J’avais fermé mon manteau jusqu’au cou. Je ressemblais à la nuit, pourtant, en dessous, je portais le jour. »
– « Claire a dit : « ces fleurs, ce sont un peu des échelles vers le ciel. » Elle m’a remercié, aussi. »
– « J’adore rire de la mort, me moquer d’elle. C’est ma façon de l’écraser. Comme ça, elle fait moins son importante. En me jouant d’elle, je laisse la vie prendre le dessus, prendre le pouvoir. »
– « Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. »
– « S’il poussait une fleur à chacune de mes pensées pour toi, la terre serait un immense jardin. »
– « Ma grand-mère m’a appris très tôt comment cueillir les étoiles : la nuit il suffit de poser une bassine d’eau au milieu de la cour pour les avoir à ses pieds. »
– « Violette, le lierre étouffe les arbres, n’oublie jamais de le tailler. Jamais. Dès que tes pensées t’amèneront vers les ténèbres, prends ton sécateur et taille dans la petite misère. »
– « Mais je sentais des ramifications, des contre-allées pousser à l’intérieur de moi. Ce que je semais, je le ressentais. Je m’ensemençais. Pourtant, la terre désertique dont j’étais constituée était bien plus pauvre que celle du potager du cimetière. Une terre de caillasse. Mais un brin d’herbe peut pousser n’importe où, et j’étais faite de ce n’importe où. Oui, une racine peut prendre vie dans du goudron. Il suffit d’une micro-fissure pour que la vie pénètre à l’intérieur de l’impossible. »
– « Il y a plus fort que la mort, c’est le souvenir des absents dans la mémoire des vivants. »

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