4ème jour : Visite du pays Bédik et arrivée chez les Bassari.

Après un petit déjeuner « local », montée à pied au village bédik d’Ethwouar (village natif de notre guide). Lors de la montée on croise des défricheurs de forêt qui, une fois brûlé le terrain, vont en faire un champ. C’est un système collectif de corvée : chacun s’entraide à tour de rôle. Pause « eau » devant une pierre sacrée qui arrêta selon la légende, les Peuls. Derrière cette pierre, des abeilles dans un gros baobab ne piquaient que les ennemis..! Tous les villages bédiks sont sur les hauteurs afin de se protéger des peuls musulmans qui cherchaient à les convertir de façon un peu violente ! Les Peuls se sont installés dans la vallée. Mais aujourd’hui la coexistence pacifique permet aux bédiks de redescendre pour une vie plus facile. A Ethwouar seules deux familles restent représentant, malgré tout, 50 personnes !!
Nous continuons jusqu’au puits du village, relativement éloigné et qui faute d’entretien, ne donne de l’eau qu’une petite partie de l’année, obligeant les femmes à descendre chercher l’eau en bas et à remonter avec leur seau sur la tête !!!
Nous redescendons à Bandafassi, nous retrouvons notre 4X4 et prenons la piste « pleine de trous énormes » pour Salemata, cœur du pays Bassari. Un arrêt nous permet de tester les lianes délivrant leur eau précieuse en forêt. Nous rencontrons des Peuls emmenant leurs vaches sur un marché, attachées par 2 ou 3. L’une d’elles s’étant cassée la patte, ils vont devoir l’abattre. Ce qui est catastrophique car Marc nous explique que les gens n’ayant pas confiance dans les banques placent leur argent dans le bétail. Les vaches représentent donc leur « coffre-fort bancaire » et leur « sécurité sociale » : en cas de pépin de santé, ils vendent une bête !!
Déjeuner encore très « local » chez Gilbert à Salemata : personnage très extraverti et drôle. Il nous raconte ses problèmes avec son propriétaire qui ne veut pas financer de travaux d’améliorations. Il est donc en train d’installer son propre campement sur son terrain un peu plus loin !
Piste complètement chaotique vers le village bassari d’Ethiolo à travers des champs de coton récoltés, de même pour les champ de mil dont nous pouvons apercevoir la paille étalée sur le sol.
Arrivée à notre campement du soir chez Balingo, récupération de notre case puis ballade vers la place du village où nous attendent les « éternels » vendeurs de colliers, ceintures, masques, etc….. A la redescente nous traversons l’école et rencontrons les instituteurs : la conversation s’engage. Présence de 260 élèves pour 7 classes soit plus de 30 par classe mais beaucoup moins qu’en ville où ils peuvent aller jusqu’aux extrêmes de 120, la moyenne étant autour de 60 ! Nous arrivons ensuite sur le chantier de construction de la case logement de l’infirmier, à côté de la case santé. Un entrepreneur bénévole des Alpes de Haute-Provence est là un mois pour démarrer le chantier et les former. Rentrée au campement, pour Nicole et Françoise douche commune, en plein air, au seau, derrière un rideau de paille. Puis dîner à la belle étoile, assis par terre sur une natte, autour d’un plat collectif où chacun puise avec sa cuillère. Nous dînons avec trois français dont l’un, Denis, est depuis 25 ans au Sénégal et habitué de la maison. Le repas est l’occasion d’une discussion de politique locale intéressante et instructive entre le chef du campement Balingo et Denis.
Coucher à 21h30 avec une lampe tempête, peu efficace, ne permettant ni de lire, ni d’écrire dans la case ! Nous déplions les moustiquaires et éteignons.
A bientôt pour la suite….

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